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 Le picage

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fandeparrot
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MessageSujet: Le picage   Sam 1 Jan - 18:45

Qu'est-ce que le picage?

Le picage est un trouble du comportement très courant chez nos compagnons à plumes, mais se rencontre aussi chez les autres animaux captifs et les humains.
L'oiseau souffrant de picage s'arrache ses propres plumes ou/et celles de ses congénères. Mais le picage peut-être aussi le simple mâchonnage des plumes, ou encore un surlissage, même de la mutilation.
L'arrachage peut être restreint à certaines zones, et en particulier le cou, les cuisses et les ailes, mais un perroquet très touché peut s'arracher toutes les plumes du corps exceptées celles que son bec ne peut atteindre. S'il n'est pas traité rapidement, un picage peut évoluer vers la mutilation.

Ce qu'il faut savoir?

Souvent le picage est catégorisé comme un trouble du comportement d'origine psychologique, soit par ce que le perroquet s'ennuie trop, qu'il n'est pas assez stimulé, ou trop isolé...

Les propriétaires ont tendance à croire qu'un perroquet se pique par ce qu'il est malheureux. En réalité, le picage dénonce un problème qui peut être d'ordre aussi bien physique que psychologique, voir les deux.
Il traduit donc une détresse. Un perroquet peut vivre dans des conditions atroces et en souffrir, sans pour autant se piquer.

Ce trouble n'existe qu'en captivité. A l'état sauvage, un beau plumage est une question de survie, mais aussi, les perroquets n'ont pas à s'arracher leurs propres plumes, étant trop occupés à longueur de journée, et surtout épanouis car vivant dans l'environnement où ils expriment au mieux le rôle vers lequel ils ont évolué depuis des millions d'années.

Comment le reconnaître?

Un perroquet peut avoir un plumage en mauvais état, mais il ne s'agira pas nécessairement de picage. Il peut être simplement en mue. Mais ce qui est certain, c'est qu'une mue ne laisse jamais apparaître des zones de peau nues, et n'abîme pas excessivement les plumes qui doit rester correctes.
Le picage peut être très restreint et limité à des zones invisibles au premier coup d'oeil: sous les ailes, comme c'est souvent le cas, à la base des cuisses, ou sous le manteau.
Ou encore, le perroquet peut ne pratiquer son picage sur sur certaines plumes, les rémiges, les rectrices, ou le duvet, ce qui rend aussi le diagnostique plus difficile.
Un perroquet peut avoir toutes ses plumes, mais celles-ci peuvent être très abîmées, effilochées, coupées, tordues. Dans ces cas il peut s'agir de picage, ou d'une mauvaise chute qui aurait pu occasionner ces dégâts.

Quoi qu'il en soit, il faut observer l'oiseau se nettoyer pour déceler et confirmer, car c'est surtout pendant la toilette qu'il s'en prendra à ses plumes.

Comment réagir?

Le picage est un problème qui doit être pris très au sérieux.
Souvent les propriétaires préfèrent ne pas se poser de questions, et ne rien changer aux habitudes, car la croyance populaire veut qu'un perroquet se pique par ennui.
En réalité, l'ennui n'est pas une cause, mais un facteur encourageant!
Il faut toujours analyser un picage, ne jamais l'ignorer. Même s'il peut rester minime, l'arrachage de plumes, d'abord indique le l'animal souffre de quelque chose. Ignorer le trouble serait ignorer le message qu'il veut nous passer, et le laisser dans sa détresse!
Quand on a un minimum de considération pour son compagnon, on prend en compte ses indications!
La cause, et souvent, les causes, sont difficiles à déterminer. Et pourtant, il est indispensable de les trouver, sans quoi le picage ne sera jamais résolu.

Comment procéder à la guérison?

Avant toute chose, il faut donc trouver la cause, et pour cela se poser les bonnes questions:
Y a t-il eu un changement récemment qui aurait pu déclencher le picage?
Même s'il s'agit d'un simple déplacement de cage?
La cage est-elle suffisamment spacieuse?
Le picage concorde t-il avec la maturité sexuelle (période très propice aux troubles)?
L'alimentation est-elle saine et variée?
Le perroquet a t-il de quoi s'occuper, des jouets, renouvelés souvent, des perchoirs en bois naturel, des cordes?
Le perroquet a t-il les ailes taillées?
A t-il l'occasion de sortir chaque jour plusieurs heures de sa cage et de voler dans la pièce?
Quel rapport a t-il avec les membres de la famille?
Avec les autres animaux?
Est-il vaporisé tous les jours?
Est-il élevé à la main (les oiseaux EAM étant beaucoup plus sujets)?
A t-il un congénère (les oiseaux vivant seul sont très concernés)?
A quel(s) moment(s) le perroquet se pique?
Depuis quand?
A quelle fréquence?

Avec ces simples questions, on peut déjà éliminer quelques causes possibles. Mais de toutes façons, il faut prendre rendez-vous dès les premiers signes chez un vétérinaire compétent qui vous aidera à éliminer les causes physiques.

Le picage d'origine physique?

Comme dit plus haut, l'ennui est rarement la cause d'un picage, et souvent, des oiseaux se piquent par ce qu'ils souffrent d'un problème interne. Un organe malade, une tumeur, des vers intestinaux, ou encore des parasites externes, des allergies, une hygrométrie trop faible, des douches trop rares, des carences... seul un vétérinaire pourra faire les examens nécessaires qui permettront de valider ou non toutes les hypothèses possibles.

Le picage d'origine psychologique?

Si malgré tous les examens, le vétérinaire n'a rien trouvé d'anormal, alors c'est que la cause du picage est psychologique.
Les oiseaux EAM sont les plus sujets à ce genre de picage, tout simplement par ce qu'imprégnés par l'homme, les troubles de l'identité sont à l'origine de beaucoup de frustrations.
Les perroquets ne sont pas des "machines de compagnie", ils ont des besoins d'oiseaux sauvages qu'il faut savoir combler.
Un perroquet vivant seul et qui jusqu'à l'âge adulte n'avait pas de problèmes particuliers peut soudainement développer des troubles, jusqu'à un picage très grave. Dans ces cas là, très fréquents, l'arrivée d'un compagnon EPP de sexe opposé peut apaiser, voir résoudre la totalité du problème.
Les perroquets sont des animaux très sensibles, et un stress, même anodin, voir antérieur et résolu peut provoquer un picage. Les perroquets n'oublient jamais les évènements qui marquent leur vie.

Cependant, il faut savoir que la prédisposition à se piquer dépend pour beaucoup de facteurs extérieurs, plus que de la personnalité de l'individu.
Ainsi, un oiseau qui aura jouit assez longtemps de la présence et de l'amour de ses parents, avec l'occasion de voler et de vivre avec des congénères, n'ayant pas subit de gros stress particuliers, jusqu'à sa maturité sexuelle, aura très peu de risques de développer un picage ainsi que d'autres troubles...

Résoudre un picage d'origine psychologique n'est pas une mince affaire, car la cause peut être tout et n'importe quoi! Du jouet que l'on déplace à l'arrivée d'un enfant, ou une simple absence de tout un après midi...

Il faut procéder par élimination et combler les manques éventuellement constatés après avoir répondu aux questions précédentes.

Comment savoir si l'on est sur la bonne piste?

Si le picage est analysé à temps et les habitudes changées en conséquences, l'observation des moments où l'oiseau se pique aidant beaucoup à trouver les causes, on constatera une diminution progressive, voir nette de la fréquence et de l'ampleur.
Le perroquet se piquera moins, voir plus du tout, pour peu qu'un détail ait été modifié.
Un picage qui stagne alors qu'il prenait de l'importance est aussi un signe positif à prendre en compte.
Cependant, si l'on a mis du temps à le résoudre, ce qui est souvent le cas, le perroquet peut avoir garder l'habitude et continue à s'arracher les plumes mais de façon moindre, pendant le lissage et de manière anodine, souvent inconsciente.

En revanche, si on tente de le résoudre alors qu'il s'est installé depuis longtemps, il sera quasi impossible de faire perdre l'habitude au perroquet. Tout simplement par ce que le procédé par élimination ne fonctionnera pas. La cause encore non résolue provoque un picage, mais l'habitude l'entretient.

Dans ces cas, il faut faire perdre l'habitude en changeant radicalement les conditions de vie: une cage plus grande, un autre emplacement, de nouveaux jouets, de nouveaux congénères... ou procéder par un "démarrage à 0" en posant une collerette le temps que les plumes repoussent et même après. La collerette n'est pas à utiliser si le picage est récent et que la cause n'a pas été trouvée, car elle aide seulement à faire perdre l'habitude, utile si le picage est grave ou s'il y a mutilation.
Si le picage ne reprend pas après avoir retiré la collerette, c'est que la cause a été résolue. Si il reprend, en règle général, c'est que le picage garde son sens de départ, ainsi l'analyse peut redémarrer.

La collerette n'est pas à envisager sans réflexion, encore une fois, elle ne résout pas un picage car n'aide pas à trouver la cause, souvent sa pose nécessite une anesthésie, et gêne terriblement le perroquet, voir le stresse au point de lui faire acquérir de nouveaux troubles. Seul un vétérinaire compétent vous dira si elle est nécessaire ou non.

Les risques du picage?

Outre les dommages esthétiques et sa signification de mal être omniprésent ressenti par le perroquet, le picage doit être réglé au plus vite pour des raisons de santé. Les plumes permettent à l'oiseau de réguler sa température, et dans les cas les plus graves où le perroquet n'a plus une plume sur le corps, il est alors exposé aux variations, ce qui affaiblit considérablement son organisme, et le rend vulnérable aux maladies!
Les plumes arrachées laissent des traces, parfois donnent lieu à des blessures qui peuvent s'infecter.
Les follicules sont abîmés, et la repousse est souvent douloureuse, voir éprouvante pour les oiseaux qui ont alors besoin de plus d'énergie. En s'arrachant les plumes, les perroquets irritent leur peau, provoquant des démangeaisons, qui incitent au picage.
Les plumes peuvent repousser anormalement, voir incarnées, ce qui demande alors une opération chirurgicale lourde!
Les oiseaux qui se piquent sont donc plus fragiles, plus vulnérables, ils demandent des soins constants, et une attention particulière sur la température, l'exposition au soleil et le taux d'humidité.

Les plus prédisposés?

Tous les perroquets, et tous les oiseaux peuvent développer un picage. Le picage est une extension d'un comportement naturel pré-existant, à savoir le lissage des plumes.
Les individus les plus prédisposés seront naturellement ceux qui n'ont pas eu une enfance épanouissante, ceux qui ont donc été élevés à la main, coupés du contact et de l'éducation parentale, ainsi que des congénères. Les oiseaux qui ne connaîtrons par le vol peuvent aussi développer un picage.

Comme dit plus haut, l'environnement et les conditions de vie de l'oisillon sont les paramètres qui détermineront beaucoup son comportement futur.
Certaines espèces, très sensibles sont d'office prédisposées, comme les gris du Gabon, les cacatoès, les aras, les éclectus, les conures, puis viennent les caïques, les poicephalus... ect.
Chez les petites espèces comme les ondulées, les inséparables et les calopsittes, le picage est le plus souvent d'origine physique, dû à des parasites, allergies ou des problèmes internes, voir d'ordre génétiques. Mais un picage psychologique, même chez une petite perruche ne doit jamais être écarté. Aussi ces 3 espèces sont très adeptes du picage exercé au nid, infligé sur les oisillons. Ces derniers seront alors prédisposés à le pratiquer sur leur future progéniture, et sur eux même.
Les espèces les moins sujettes sont les amazones et les perruches australiennes autre que les ondulées et les calopsittes.
Le picage peut être aussi d'origine génétique, ainsi des oisillons issus de parents piqueurs auront des dispositions, tous comme les oiseaux qui auront subi une lourde sélection aboutissant à des mariages consanguins... les espèces les plus domestiquées sont les plus fragiles sur le point de la santé, et aussi, très sujettes à développer un picage en cas de problème.
La domestication permet à toute sortes de mutations d'apparaître et de se transmettre, même si délétères. Des anomalies du plumage peuvent provoquer des démangeaisons, et donc inciter au picage.

Les résultats?

Souvent, on pense que le picage est une fatalité, et que sa résolution tient du miracle. En réalité, c'est juste une question de bonne volonté. Il faut beaucoup se renseigner, ne pas hésiter à consulter plusieurs vétérinaires, à renouveler les analyses, ainsi que de faire appel à un comportementaliste, qui sera objectif et vous indiquera ce qui peut être améliorer dans l'environnement de votre compagnon.

La guérison est une question de temps, et un picage peut durer des années, avant de disparaître complètement, même les cas les plus extrêmes peuvent se résoudre.

Mais il faut savoir que les oiseaux piqueurs, qui se sont déjà piqués, auront tendance à recommencer si une nouvelle occasion se présente. En moins grave, mais il faudra vous préparer.

Ce trouble, parfois très impressionnant et suivi de mutilation en dit long sur l'incompatibilité de nos perroquets avec la captivité.

Aucune de ces formes de picage n'existe à l'état sauvage, et il faut donc retenir que la meilleure façon de le résoudre, ainsi que de résoudre tous les autres troubles, est de donner à son perroquet un environnement et des activités qui se rapprochent au plus près de la situation qu'il aurait dans la nature.



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MessageSujet: Re: Le picage   Sam 1 Jan - 19:30

un bon petit résumé Wink

le picage, tout passionné est un jour amené à le rencontrer et il nous pourrit la vie! Rolling Eyes


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MessageSujet: Re: Le picage   Sam 1 Jan - 21:52



ça c'est le moins qu'on puisse dire! Rolling Eyes

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MessageSujet: Re: Le picage   Lun 13 Oct - 14:22

Bonjour,

Pensez vous qu'un perroquet (gris du gabon) s'étant piqué depuis longtemps chez son ancien proprio puissent continuer à se piquer par habitude? que cela est devenu un toc?

Merci d'avance

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MessageSujet: Re: Le picage   

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